Les silos portuaires

 

Le port de Rouen a depuis longtemps été un port important pour le trafic des céréales et des farines.

Dès le XIIe siècle, des documents attestent de l’importation de blés venant d’Angleterre. Au début du XVe siècle, il y avait un important transit de grains. En 1410, les Rouennais forcèrent le Breton Michel Bertrand à vendre la cargaison de blé qu’il amenait de Paris. On voit passer dans les congés des mentions des blés du Vexin qui étaient exportés en Hollande, des blés du Neubourg à destination de la Bretagne, de la Flandre ou de l’Ecosse et même des blés pour le Portugal et Gêne.

Ce trafic se poursuivit pendant tous les temps modernes et contemporains.

Avant la seconde guerre mondiale, les statistiques sont très irrégulières, en raison des variations des récoltes. Au début du XXe siècle, elles représentaient un volume de l’ordre de 100.000 tonnes par an. Pendant les périodes de crise, elles sont montées à plus de 300.000 tonnes, par exemple entre 1910 et 1913.

L’importance de ce trafic s’est accrue après la seconde guerre mondiale. Idéalement placé au fond de l’estuaire, avec comme arrière-pays les plus grandes zones de céréaliculture de notre pays (Beauce, Brie, Orléanais) le port de Rouen est la rencontre des quatre grands moyens de transport de produits lourds : la voie maritime, la voie fluviale, les voies ferrées et la route.

 

En 1960, le port expédiait déjà 380.000 tonnes de céréales et en importait 80.000.

Il était nécessaire de mettre en place des installations permettant de les stocker en attendant leur embarquement ou leur débarquement.

 

Sénalia

En 1957, la France était importatrice nette de blé, et l’Eure-et-Loir avait une production excédentaire de blé et n’avait pas de voies navigables pour les exporter. En 1957, les représentants de 20 coopératives se réunirent pour créer l’UCACEL (Union des Coopératives Agricoles de Céréales d’Eure-et-Loir) en vue de l’édification et de la gestion d’un silo départemental à Chartres. Les nécessités de l’exportation impliquaient une proximité avec une voie d’eau, ce qui n’était pas le cas de la capitale de la Beauce. Après avoir évoqué plusieurs sites (Rouen, le Havre, Dieppe, Mantes, Vernon, Montargis), l’évidence se fit sur l’intérêt du port de Rouen.

La SPR (Sica des Silos Portuaires de Rouen) avait été créée en 1958, regroupant les chambres consulaires et neuf coopératives de la région normande.

En 1961, les deux structures décidèrent de construire deux silos sur un site unique, mais avec des possibilités d’extensions ultérieures. La presqu’île Elie, située entre la Seine et ce qui était encore appelé le Bassin au Pétrole, fut choisie pour l’implantation.

La SPR et l’UCACEL se sont réunies en 2002 dans une structure unique appelée Sénalia.

Un autre ensemble de silos a été construit à Grand-Couronne, ainsi qu’un terminal sucrier, Robust.

 

Presqu’île Elie

Le premier silo édifié sur la presqu’île Elie avait deux groupes de 18 cellules disposées de part et d’autre d’une tour centrale de 55 mètres de haut. En 1967, le nombre de cellules a été doublé, la capacité du silo a été portée à 30.000 tonnes. Le silo 2 a été mis en service en 1976 et puis progressivement (silo3 en 1985 et silo 4 en 1990) la capacité de stockage a été portée à 250.000 tonnes.

 

Silos de Grand-Couronne

En 1982, l’UCACEL a pris le contrôle des magasins de Rouen maritime (MRM) qui exploitait un terminal céréalier à Grand-Couronne (silo 4). L’année suivante, elle construisait un silo supplémentaire derrière  ce terminal (silo 3). Cet ensemble a été complété par de nouvelles capacités de stockage en 1984 (65.000 puis 35.000 tonnes), en 1986 (70.000 tonnes).

En 1993, le silo 5 a été mis en service par l’UCACEL qui a ainsi choisi de se diversifier. Le silo 5 a été mis en service pour assurer la manutention du colza pour l’usine de trituration Saipol.

 

En 1996, le silo 6 construit en 1992 pour l’intervention,  a été affecté au stockage, à la manutention des fèves de cacao.

 

Robust

En 1994, l’UCACEL et Saint-Louis Sucre ont choisi d’implanter à Rouen un grand terminal destiné à l’exportation du sucre, Robust. Il a été mis en service en 1996.

Ce silo à cellule unique de 60.000 tonnes est situé en amont des silos de la presqu’île Elie, sur le quai du Bassin aux Bois.